La gestion des émotions

Les émotions sont notre GPS: tristesse, peur, colère, joie. Nous en avons besoin dans la vie de tous les jours.

Vous pouvez consulter à ce titre la roue de émotions de Robert Plutchik.

“Positives ou négatives, les émotions sont nos moteurs internes et nous font bouger. Ce sont elles aussi qui font bouger les autres. Nous ne pouvons nous soustraire à leurs énergies. Autant mieux les connaître, car une fois identifiées et acceptées, nous pouvons leur donner une réponse pertinente et comprendre leur origine ou leur signification. Elles deviennent ainsi source de bienveillance, d’autonomie et de force ” Claude Steiner, L’A.B.C des émotions.

Que sont les émotions ?

Les émotions sont des réactions physiologiques d’adaptation. Cela veut dire qu’aucune émotion n’est négative comme il est souvent dit dans le langage courant:

la peur sert à se défendre en cas de danger réel ou ressenti. Et c’est primordial!

la colère sert à dire non quand on se sent attaqué dans son identité ou que son territoire est attaqué. Et heureusement que l’on peut dire NON! Etre béni oui oui cela ne marcha pas pour se faire aimer. Car on ne peut aimer longtemps quelqu’un sans identité!

la tristesse est là quand on perd un être cher et cela fait partie du deuil nécessaire pour pouvoir ensuite laisser la place dans son coeur à une nouvelle relation amicale, amoureuse par exemple. C’est aussi quand l’enfant perd son doudou.

la joie permet d’extérioriser toute cette énergie positive, ce trop plein au bon sens du terme. Et on se sent tellement revigoré ensuite !

D’où ça vient ?

Les émotions sont des réactions à la fois chimiques et électriques:

  • elles passent par des neurotransmetteurs, petites molécules chimiques secrétées : dopamine (plaisir, circuit de récompense), opioïdes (endorphines secrétées naturellement par le corps en cas de souffrance physique ou mentale, par exemple quand nous faisons du jogging et qu’après un certain temps, nous ne ressentons plus de douleur)…
  • hormones : adrénaline (pour faire face au danger et prendre la fuite), cortisol (pour faire face au stress)…
  • influx électrique : qui fait circuler l’information via les synapses entre les neurones (cellules cérébrales).

Comment est fait le cerveau ?

Schématiquement, il est divisé en 3 parties:

le cerveau reptilien, réflexe: il nous permet face à un danger, un prédateur de prendre la fuite sans avoir à réfléchir

le cerveau limbique ou émotionnel: ce qui nous intéresse aujourd’hui!

le néocortex cerveau des associations: celui qui est testé à travers les tests de quotient intellectuel.

Est-ce que les émotions rendent plus intelligent ?

Bonne nouvelle, et bien oui !

Nous pourrions mettre parler de quotient émotionnel ou du coeur ou d’intelligence émotionnelle (IE), popularisée par Daniel Goleman.

Saviez-vous que l’intelligence liée au cerveau gauche (mathématiques, raisonnement…) était renforcée, décuplée par la connexion à la partie droite du cerveau, siège des émotions et de la créativité. Ainsi un ingénieur peut créer grâce à la connexion entre les 2 hémisphères. Cela remet les arts au goût du jour. Et d’ailleurs, les savants jouent souvent très bien d’un instrument de musique.

Comment gérer ses émotions au travail ?

Quel que soit votre tempérament, éclater en sanglots, hurler de joie ou exploser de colère au bureau semble plutôt inopportun. Pour autant, les émotions sont de plus en plus valorisées dans le cadre professionnel. En témoigne l’instauration des tests de QE lors des recrutements, qui visent à évaluer le quotient émotionnel des candidats. Les émotions, dont l’expression a longtemps été bannie au travail, sont aujourd’hui acceptées. Et même reconnues comme de véritables atouts. Si tant est qu’elles soient maîtrisées.

L’enjeu : apprendre à gérer ses émotions au travail

Savoir gérer une émotion, c’est tout d’abord se connaître suffisamment pour l’identifier. Puis prendre le recul nécessaire pour l’exprimer correctement.

Vous êtes stressé.e car votre collègue ne vous fournit pas les chiffres qui vous permettront de boucler votre appel d’offres ? Rien ne sert de lui hurler dessus en le traitant d’incapable : vous n’obtiendrez rien et vous vous assurerez une brouille certaine pour les mois à venir ! Ne vous rendez pas malheureux pour cela.

Donc vous êtes stressé.e, certes. Vous allez être en retard, probablement. Essayez plutôt de faire comprendre à votre collègue – en faisant appel à son empathie – combien cet appel d’offres est important pour vous et combien il est crucial qu’il vous fournisse certaines informations rapidement.

Notre conseil : exprimez vos émotions avec calme, à la première personne (« je »), en évitant d’accuser la terre entière et en demandant de façon claire ce dont vous avez besoin pour que la situation se résolve : telle est la solution pour gérer au mieux votre stress et vos émotions !

Toutes les émotions peuvent-elles être exprimées au travail ?

Il y a 30 ans, pas de place aux émotions dans le cadre professionnel. À la limite pouvaient être tolérés les élans de joie ou les manifestations d’enthousiasme… c’est-à-dire ce que l’on considérait comme des émotions positives. Or, nombreuses sont les situations professionnelles qui peuvent générer des émotions plus « négatives », telles que la colère, la peur, la frustration. Colère face à une injustice, frustration de ne pas être reconnu à sa juste valeur, peur de ne pas y arriver… Ces émotions, souvent refoulées dans un contexte professionnel, sont justement celles qu’il faut apprendre à exprimer pour éviter qu’une situation ne s’enlise.

Exit la vision ancestrale qui classifiait les émotions en bonnes ou mauvaises. Aujourd’hui, toutes les émotions peuvent générer de l’énergie. À condition de savoir les maîtriser !

Gestion des émotions : l’intelligence relationnelle en jeu

Apprenez à atténuer vos émotions lorsqu’elles sont trop intenses. Puis à les exprimer pour les faire circuler et ne pas rester dans une impasse.

Pour être entendu, voire même écouté et compris, il est indispensable de prendre votre interlocuteur en considération. Car gérer ses émotions, c’est aussi les exprimer avec les bons mots, au bon moment, en tenant compte de la réceptivité de la personne qui vous fait face – ce qui est impossible lorsqu’on réagit à chaud.

La maîtrise des relations humaines constitue l’une des cinq qualités qui définissent l’intelligence émotionnelle, avec la conscience et le contrôle de soi, la motivation et l’empathie.

Ainsi, comme le prouve l’expression « intelligence émotionnelle », il est une forme d’intelligence aujourd’hui acceptée, reconnue et valorisée dans la sphère intime et professionnelle : celle des personnes disposant de la capacité à connaître, maîtriser et exprimer leurs propres émotions ; ainsi qu’à réagir à celles de leur entourage de façon adéquate.