Depuis la fin du XIXème siècle, des recherches sont sans cesse menées pour découvrir ce qui se passe de manière générale dans le cerveau humain (Perception, traitement de l’information….). Les théories sur l’apprentissage sont issues de ces recherches.

Fin XIXème siècle
Comment se font les recherches sur le cerveau humain à cette époque ? Les recherches portent sur l’étude de la vie mentale. Le principal moyen utilisé est l’introspection.   Ce qui ne permet pas d’avoir une vision objective de ce qui se passe dans l’esprit de celui qui apprend    

Behaviorisme

Quels acteurs chercheurs ? Pavlov, (1849-1936) Watson, (1878-1958), Skinner (1904-1990)  
Qu’est-ce que ce courant nous apprend de nouveau sur ce qui se passe dans le cerveau lorsque l’on apprend ? Tête = la boîte noire / Abstraction de la conscience que peut avoir le sujet apprenant de l’objectif poursuivi. Ce modèle s’attache au contenu informationnel à transmettre et aux résultats (entrée et sortie boîte noire) et non aux processus cognitifs de traitement de l’information Le statut des connaissances : réalité externe objective qui résulte d’un comportement acquis par l’individu. ” Donnez moi une douzaine d’enfants bien portants, bien conformés, et mon propre milieu spécifique pour l’élever, et je garantis de prendre chacun au hasard et d’en faire n’importe quel spécialiste existant : docteur, juriste, artiste, commerçant et même mendiant et voleur, sans tenir compte de ses talents, penchant, tendances, capacités, de sa vocation ni de la race de ses ancêtres” mendiant” Watson 1925
Quels impacts sur l’organisation de l’apprentissage ?  On s’appuie sur les comportements observables de l’élève. Le comportement de l’apprenant peut être modifié avec un modèle stimulus-réponse-renforcement Apprentissage par conditionnement. Apprendre  = répéter/ exécuter. Apprentissage = modification du comportement provoqué par les stimuli de l’environnement   L’apprentissage peut être obtenu par l’utilisation de récompenses appelées “renforcement positifs” (ex: nourriture chez le rat de laboratoire, bonnes notes chez l’élève) et de punitions appelées “renforcement négatifs” (ex. : choc électrique chez le rat, mauvaise note chez l’élève).L’individu adopte un comportement lui permettant d’éviter les renforcements négatifs et d’augmenter la probabilité de survenue de renforcements positifs. Cette procédure = le “conditionnement opérant”. L’erreur est considérée comme liée à une absence de renforcement, et donc comme un non-apprentissage. Travail du formateur : entrainement, renforcement des réponses positives. Pratique répétée pour augmenter la performance. C’est un transmetteur d’informations. Il doit construire et organiser les objectifs, découper un objectif complexe en sous objectifs. Hiérarchiser les exercices par complexité croissante. L’apprenant est passif. Il accomplit une série de tâches, guidé par l’enseignant qui l’accompagne dans la découverte de nouveaux comportements. -Approche intéressante pour explorer des conduites automatiques. Efficace dans les apprentissages techniques ou professionnels, en particulier dans les formations courtes à caractère technique quand ce qui compte est bien la modification d’un comportement, l’acquisition d’un automatisme. Mais réduire un apprentissage complexe en une succession d’apprentissage plus simple c’est courir le risque de satisfaire les différentes étapes mais  manque d’approche globale. Le tout peut ne pas être la somme des parties. Exemple: savoir conduire. Ce n’est pas parce que l’on sait effectuer les différentes opérations débrayer, accélérer, freiner et tourner le volant que l’on sait conduire. Savoir conduire signifie également savoir coordonner ces différentes actions. ð”La tête bien faite “

Cognitivisme

Quels acteurs chercheurs ? Miller (1920-2012). Anderson , Bruner, Schank  
Qu’est-ce que ce courant nous apprend de nouveau sur ce qui se passe dans le cerveau lorsque l’on apprend ? Courant qui s’oppose au behaviorisme. Les cognitivistes tentent de comprendre ce qui se passe dans la boite noire, ce qui se passe dans la tête de l’apprenant. Le sujet ne se contente pas d’assimiler des données brutes; il les sélectionne et les met en forme. Le cognitivisme  privilégie l’étude du fonctionnement de l’intelligence, de l’origine de nos connaissances ainsi que des stratégies employées pour assimiler, retenir et réinvestir les connaissances. Elle s’intéresse essentiellement à la perception, le traitement en mémoire, le langage et ce, en regard du fonctionnement du cerveau. Pour un cognitiviste apprendre c’est ajouter des informations dans notre mémoire à long terme  
Quels impacts sur l’organisation de l’apprentissage ? Apprendre c’est traiter et emmagasiner de nouvelles informations de façon organisée. L’apprentissage est une modification des structures mentales en lien direct avec la mémorisation. L’apprentissage suppose l’établissement de liens entre les nouvelles informations et celles déjà organisées (représentations). L’enseignant agit comme une aide à la construction et à l’organisation des connaissances, et l’apprenant va devoir “traiter l’information” d’une manière qui lui sera propre, étant entendu que sa personne n’est plus considérés comme une “terre vierge à défricher”, mais comme un individu unique avec tout son bagage préexistant.    

Constructivisme

Quels acteurs chercheurs ? Piaget. (1896-1980)    
Qu’est-ce que ce courant nous apprend de nouveau sur ce qui se passe dans le cerveau lorsque l’on apprend ? Les connaissances se construisent par ceux qui apprennent. Acquérir des connaissances suppose l’activité des apprenants. Statut des connaissances : une réalité construite par chacun. -Le savoir est construit par l’élève à l’intérieur d’un “conflit cognitif” ‘obstacle à surmonter: résolution d’une situation problème. L’apprentissage naît de l’interaction du sujet avec son environnement. Notion fondamentale = sortir des croyances que nous avons tous pour construire des connaissances plus adaptées pour comprendre le monde et agir  sur lui. -Le développement se caractérise par le passage d’une structure à une autre par le processus d’équilibration.  L’intelligence se construit grâce au processus d’équilibration des structures cognitives, en réponses aux sollicitations et contraintes de l’environnement. Deux actions y contribuent, l’assimilation et l’accommodation. L’assimilation est l’action de l’individu sur les objets qui l’entourent, en fonction des connaissances et aptitudes acquises par le sujet. Inversement, il y a une action du milieu sur l’organisme, appelée accommodation qui déclenche des ajustements sur ce dernier.  
Quels impacts sur l’organisation de l’apprentissage ? L’apprenant est un individu ayant son propre rythme d’évolution (pédagogie différenciée). Constructivisme en contradiction avec les pédagogies attachées à des programmes précis et valable pour tous. Ici on privilégie l’apprentissage par l’action. L’enseignant est un soutien, encourage la pratique réflexive. C’est un guide, un accompagnateur. Confier à l’élève des tâches adaptées à son niveau, mais nouvelles et ayant du sens pour lui. Il guide, anime, aide, provoque, organise, propose, laisse agir et suggère l’autorégulation.   L’erreur à une fonction formative. l’apprenant se sert de ses erreurs pour évoluer dans son apprentissage. L’apprenant à un rôle actif, c’est un constructeur de connaissances. Il construit des structures à partir de l’activité déployée sur l’environnement. Ce modèle prend en compte les conceptions des élèves, l’apprenant est autonome, plus motivé. L’absence de buts prédéterminés peut rendre le processus d’apprentissage flou et risqué. On ne prend pas en compte les aspects sociaux de l’apprentissage: rôle de l’enseignant, rôle des pairs. On ne prend pas en compte le rôle de l’affectif qui intervient au moment de la phase de déstabilisation.  

Socioconstructivisme

Quels acteurs chercheurs ? Vygotski. Bandura  
Qu’est-ce que ce courant nous apprend de nouveau sur ce qui se passe dans le cerveau lorsque l’on apprend ? L’acquisition de connaissances passe par une interaction entre le sujet, la situation d’enseignement et les acteurs de la situation Le savoir se construit par des mises en interactivité (entre élèves et entre  enseignant set élèves). L’acquisition de connaissance passe par une interaction entre le sujet et l’objet d’étude par le biais de résolutions de problèmes. La tête de l’élève n’est jamais vide de connaissances. Ce qui se joue dans les apprentissages ce n’est pas seulement l’acquisition de connaissances nouvelles ou la restructuration de connaissances existantes, c’est également le développement de la capacité à apprendre, à comprendre Le sujet apprend en participant à des activités en situation réelle et en interagissant avec d’autres Les variables sociales sont consubstantielles au processus d’apprentissage.    
Quels impacts sur l’organisation de l’apprentissage ? L’apprentissage est alors davantage considéré comme le produit d’activités sociocognitives liées aux échanges didactiques enseignant-élève et élève -élève. Comme le constructivisme il va falloir choisir des situations permettant aux apprenants de découvrir les choses par eux-mêmes. L’apprentissage ne se fait pas par empilement de connaissances, de manière linéaire. L’élève donne un sens à une connaissance que si elle apparait comme un outil indispensable pour résoudre un problème. Les interactions sociales favorisent l’apprentissage. Organiser des situations d’apprentissages propices au dialogue en vue de provoquer et de résoudre des conflits socio-cognitifs. Apprendre c’est co-construire ses connaissances en confrontant ses représentations à celle d’autrui. L’apprenant est responsable de ses apprentissages, il “apprend à apprendre”. L’apprentissage nait de l’interaction du sujet avec la situation problème et les acteurs de la situation Méthodes pédagogiques appropriées : apprentissage par projet, discussions… L’erreur n’est pas éviter : elle est l’expression d’une forme de connaissance. L’apprenant a un rôle actif, un constructeur de connaissances. Il résout la situation problème en surmontant le conflit socio-cogniitif. Le formateur est un guide, un médiateur, ‘un provocateur, une personne ressource, un régulateur plus qu’un transmetteur de connaissances. Concept clé : La zone proximale de développement. C’est l’écart existant entre le niveau actuel de l’apprenant (ce qu’il est capable de produire seul) et son niveau potentiel (ce qu’il est capable de réaliser avec l’aide d’un  adulte). ZPD Espace sur lequel doit s’effectuer les apprentissages. Apports : l’apprenant est confronté à un problème à résoudre, ce qui lui permet de mettre du sens  dans son apprentissage. Les enseignements sont plus durables, mieux ancrés. Modèle qui prend en compte les représentations des élèves. Les limites : gérer des situations-problèmes dans une classe n’est pas simple, surtout dans les classes surchargés  
Didactique Professionnelle
Quels acteurs chercheurs ? Pastre, Vergnaud, Leplat      
Qu’est-ce que ce courant nous apprend de nouveau ? Courant qui se donne comme objectif “l’analyse du travail pour la formation”: extraire des situations réelles de travail ce qui est essentiel pour les apprentissages. Elle constitue un cadre théorique et méthodologique pour le développement des compétences Elle repose sur 2 piliers : – La théorie de conceptualisation dans l’action de Vergnaud qui considère que dans toute action il y a de la conceptualisation. – Les travaux en psychologie du travail, en ergonomie, en ergonomie cognitive (Leplat) qui distinguent le travail prescrit et travail réel. et ont développé une méthode d’analyse du travail. . La didactique professionnelle repose sur l’analyse du travail et le développement de compétences. Elle est donc caractérisée par :  • un regard sur l’apprentissage établi du point de vue de l’activité (en l’occurrence de l’activité professionnelle);  • un regard sur l’apprentissage établi du point de vue du développement du sujet (plus exactement du développement de ses compétences)